Chaud-es comme la Breizh

Une pratique hackerE pour une réflexion DéGenrée
des Corps et des Sexualités
Rencontre/ateliers/concert/projection
Du Lundi 25 Février au Dimanche 3 Mars 2019
Au café solidaire Le Papier Buvard – Soulvache (44)

     Toujours dans l’esprit Do-it-yourself-Do-it-with-others, Pointpointpoint.org s’immisce au  Papier Buvard pour déployer un hackEr-makEr-spacE éphémère, en non-mixité meuf-trans du lundi au vendredi, puis en mixité certaines soirées et le samedi. L’espace s’emplira d’imprimantes 3D, de composants électroniques pour faire vibrer toute sorte d’objets détournés, d’un kit de sérigraphie, d’un atelier d’écriture collaborative. Effusions créatives et grouillements d’idées seront l’occasion de mettre en résonance la création de sextoys DIY et de science-fiction cyber-féministe.
Le Samedi, nous ouvrons nous portes au public et nous serons rejointes par le collectif Thomas Bouloù qui proposera un espace de contraception testiculaire. https://pointpointpoint.org/contraceptions-testiculaires/

Lundi 14h-18h, du mardi au vendredi 10h-18h, non-mixte, sur inscription:
Samedi, Openatelier et espace contraception testiculaire 12h-18h, mixte, entrée libre

Le Papier Buvard: https://lepapierbuvard.com/

L’ensemble du programme des rencontres:

« Chaud-Es comme la Breizh »

Chaud-E-s comme la Breizh investi le Papier Buvard pour proposer plusieurs espaces de rassemblement, de réflexion et d’expérimentation autour des questions du genre, des corps et des sexualités : un hackEr-makEr-space orienté Sextoys DIY, des ateliers de sérigraphie et d’écriture cyber-féministe, des ateliers dragking, des espaces de contraception testiculaire, des groupes de parole et des arpentages, des soirées et des projections. Des moments mixtes et non-mixtes, des espaces de liberté, d’expérience et d’échanges de savoirs, dans le respect de l’individualité de chacun-e, pour que la parole circule, que les échanges fusent et les énergies foisonnent, en espérant que cela donne place à une multitude d’autres rencontres, ici comme ailleurs…
Possibilité d’être logé-é chez l’habitant-e ou de poser un camion, merci de nous contacter.

Qu’est-ce qu’une pratique hackEr pour une réflexion dégenrée des corps et des sexualités ?:

Le hack est une manipulation d’un système, de l’anglais to hack: tailler, couper quelque chose à l’aide d’un outil. Infiltrer, décrypter, déconstruire, détourner, se ré-approprier. C’est, entre autre, une pratique militante qui détourne de leur vocation initiale pour de nouveaux usages, les technologies, systèmes, objets, techniques, outils, etc., servant le plus souvent les normes sociales puisque inventé-e-s dans le contexte de celles-ci.

La réappropriation des outils, pratiques et symboliques, de construction du genre est donc une pratique hackEr, puisqu’il s’agit de voir comment ces normes agissent tacitement dans nos attitudes, nos relations, nos désirs, comme elles sont constitutives de ce que nous sommes et que nous croyons naturel. Les comprendre et les analyser n’est pas du hack en soi ; les mettre en scène, les expérimenter en se les ré-appropriant est le geste politique. C’est une infiltration des codes, une mise à nu du motif en le détournant pour dévoiler son aspect construit et produire une représentation qui l’annule, pour l’émancipation et l’auto-détermination.

Pour finir, le terme « hack » évoque instinctivement l’idée d’action, du « faire », en accord avec la philosophie Do It Yourself – Do It With Others. Par l’échange de l’information de pairs à pairs, il inscrit le savoir (donc la technologie) et sa création dans une dynamique collective.

Le Papier Buvard se verra donc transformé en un espace d’expérimentations collectives, type hackEr-makEr-space, proposant une constellation de pratiques et d’outils, d’ateliers et d’évènements, se répondant les uns les autres, pour questionner le genre, notre rapport au corps et à la sexualité.

Pourquoi la non-mixité et quelle non-mixité :

Chaud-es comme la Breizh propose certains de ses ateliers en non-mixité choisie, meufs et trans ou mecs et trans. La non-mixité permet la libération de la parole et la prise de conscience par un groupe de personnes socialement identifiées (femmes, personnes racisées, classes social…) des injonctions, constructions, oppressions qu’ils-elles subissent par le fait de cette catégorisation sociale. La non-mixité est donc conçue comme un moyen de partager des expériences communes et de s’exprimer librement dans un endroit « sécurisé » où chacun-es risquent moins d’être remis-es en cause par des personnes ne partageant pas leurs expériences vécues ; et permet à certain-e-s d’oser livrer des expériences qu’illes n’auraient pas exprimé autrement. Une démarche d’empowerment qui permet aux participant-e-s de prendre confiance en eux et de s’affirmer, y compris dans d’autres contextes. La non-mixité s’adresse généralement aux groupes sociaux opprimés dans la pyramide sociale, pour justement prendre conscience de ce qu’illes subissent. La non-mixité masculine, ayant été la norme des sphères de pouvoir des 3000 dernières années, n’est évidement pas un groupe opprimé, mais dans le cadre des réflexions animant ces rencontres, soit la déconstruction du genre, il nous a apparu nécessaire de proposer un espace dédié à la question du genre masculin.